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J'aime pas les autres

J'aime pas les autres
Par Jacques-A Bertrand

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  • Rang parmi les ventes Amazon: #111087 dans Livres
  • Publié le: 2009-03-05
  • Langue d'origine: Français
  • Reliure: Poche
  • 122 pages

Révisions éditoriales

Présentation de l'éditeur
II y a eu la petite école, la règle en bois, les humiliations publiques. Être le fils du maître, c'est forcément devoir faire mieux. Mieux que les autres. II y a eu le lycée, le pensionnat, le pion sadique et le renvoi. Tout ça à cause de qui ? A cause des autres. Et après, le service militaire, où il faut encore les supporter. Et puis les femmes. C'est compliqué les femmes. Parce qu'il faut choisir l'une. Ou l'autre. Entre roman d'apprentissage et récit autobiographique, Jacques A. Bertrand nous enchante, comme toujours, par sa finesse, son humour et son élégance d'esprit.


Commentaires clients

Délicieux3
Quel beau titre ! Je ne pouvais pas ne pas m'y intéresser, comme s'il m'était personnellement dédié. Comme de plus l'auteur ne m'était pas inconnu, j'avais déjà prisé l'un de ses ouvrages précédents L'Angleterre ferme à cinq heures, je n'ai pas hésité à me plonger dans son nouveau bouquin. Nous sommes de la même génération ou peu s'en faut, ce qui facilite l'immersion dans le contexte et l'époque de son héros Anatole que nous suivons tout au long de sa vie. Son enfance avec un père instituteur, la pension, plus tard le service militaire et enfin les filles et le mariage. Tout est raconté sur un mode léger et plein d'humour, avec style, dans lequel viennent s'insérer -fort à propos malgré l'incongruité de l'idée- des dialogues imaginaires entre Sartre et Simone de Beauvoir. On se surprend à ralentir la lecture de ce mince ouvrage pour en faire durer le plaisir. Un pur régal.

« Comment je me suis fâché avec tout le monde, je ne sais plus très bien. Longtemps, j'ai cru aimer les autres. Peut-être que je croyais les aimer parce que je voulais qu'ils m'aiment. Vous voulez toujours que les autres vous aiment. Enfin, vous croyez. C'est des gens bizarre les autres. Vous pensez qu'ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres. J'aime pas les autres. »

mais je veux qu'ils m'aiment...3
En fait, le problème des autres, c'est qu'ils sont "autre", ils sont différents, bizarrres. Ce roman autobiographique est l'histoire de cette découverte. C'est facile à lire et bien écrit: on passe un bon moment en compagnie de l'auteur, un homme charmant et bien élevé comme il nous le raconte dans ce livre. J'ai aimé les parenthèses faites dans le récit. Elles sont l'occasion de proposer des points de vue originaux qui, l'air de rien ou de rire, font aussi réfléchir. L'auteur cite Alphonse Allais "On étouffe ici, permettez que j'ouvre une parenthèse". C'est l'occasion de nous montrer comment "toute biographie est un roman" et "l'autobiographie, la forme de littérature la plus romanesque."

une jeunesse4
Anatole Berthaux mène une enfance ordinaire et timide sous la coupe d'un père instituteur au caractère rigide. C'est son parcours initiatique que nous narre avec humour, finesse et ironie l'auteur. Autobiographie romancée ? Jacques A. Bertrand en offre d'ailleurs une intéressante perspective :
p. 39-40 : « Tout discours critique sur l'autobiographie, l'autofiction, le narcissisme et le nombrilisme, opposés au prétendu vrai roman, relève de la plus haute fantaisie. L'imagination des plus grands créateurs, si ce n'est celle du Créateur lui-même, est très limitée. Elle consiste essentiellement à réunir deux ou trois éléments qui n'ont pas l'habitude de se côtoyer pour créer une idée, une image, une molécule, une sensation nouvelle. On peut tirer quelque chose de distrayant et d'instructif en juxtaposant deux mots qui, séparément, sont à peine crédibles dans les dictionnaires. Mais l'essentiel est ceci : tout roman est nécessairement biographique, fondé sur des éléments d'expérience ou d'observation transposés. Inversement, l'écriture n'étant jamais qu'une forme de transposition, toute biographie est un roman. Et l'autobiographie est vraisemblablement la forme de littérature la plus romanesque ».

On suit donc Anatole jusque dans ses études supérieures et ses premières amours, sa (double) vie de couple inattendue et son détour par le défunt service militaire. C'est tout simple, mais c'est un vrai plaisir. Un très agréable moment de lecture.