La mauvaise vie
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- Publié le: 2009-11-18
- Langue d'origine: Français
- Reliure: Broché
- 370 pages
Révisions éditoriales
Présentation de l'éditeur
Vingt-quatre heures de la vie du personnage inventé par Frédéric Mitterrand – et qui lui ressemble singulièrement. À chaque étape de sa journée, il se demande s’il ne fait pas fausse route. S’interroge sur l’abîme séparant la « mauvaise vie » qu’il mène, d’une autre, qui aurait pu s’accomplir. Pourquoi vouloir à tout prix reconstituer un simulacre de famille ? Perdre son temps à faire de la radio alors qu’on est doué pour l’écriture ? Devenir spécialiste des princes et des princesses alors qu’on se passionne pour les peuples opprimés ? Et puis il y a les nuits qui, elles aussi, ne devraient pas être celles ce qu’elles sont… Au fil de ces réflexions, le personnage regarde en arrière, et retrouve des moments de son enfance… L’autobiographie la plus juste n’est-elle pas celle de la vie qu’on aurait dû mener ?
« Un homme se penche sur son passé…
Le passé ne lui renvoie que les reflets d’une mauvaise vie, bien différente de celle qu’évoque sa notoriété.
Autrefois on aurait dit qu’il s’agissait de la divulgation de sa part d’ombre ; aujourd’hui on parlerait de “coming out”.
Il ne se reconnaît pas dans ce genre de définitions.
La mauvaise vie dont il évoque le déroulement est la seule qu’il ait connue. Il l’a gardée secrète en croyant pouvoir la maîtriser. Il l’a racontée autrement à travers des histoires ou des films qui masquaient la vérité. Certains ont pu croire qu’il était content de son existence puisqu’il parvenait à évoquer la nostalgie du bonheur. Mais les instants de joie, les succès, les rencontres n’ont été que des tentatives pour conjurer la peine que sa mauvaise vie lui a procurée.
Maintenant cet homme est fatigué et il pense qu’il ne doit plus se mentir à lui-même pour tenter d’obtenir que la vie qui lui reste ne soit pas aussi mauvaise. Mais il ne sait pas ce qu’il résultera de cet effort. »
Frédéric Mitterrand
Biographie de l'auteur
Frédéric Mitterrand est né en 1947 à Paris. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, il est professeur d'histoire, de géographie et d'économie de 1968 à 1971. Sa passion pour le cinéma l'incite à créer en 1971 une chaîne de cinémas d'art et essai (salles Olympic et Entrepôt). Dès 1981, il produit ou anime des émissions de télévision (" Etoiles étoiles ", " Du côté de chez Fred ", ou " Les amants du siècle "). Il réalise plusieurs courts métrages et deux longs métrages : Lettres d'amour en Somalie en 1981 et Madame Butterfly en 1995. Auteur de récits historiques (Les aigles foudroyés ou Mémoires d'exil) et de biographies (Destins d'étoiles), il fait entrer ses lecteurs dans l'intimité des puissants et des grands événements de notre .temps. Frédéric Mitterrand anime également une émission culturelle sur Europe 1, tout en poursuivant un intensif travail d'écrivain et de réalisateur. En 2005, il publie La mauvaise vie (Robert Laffont), roman d'inspiration autobiographique qui connaît un succès considérable et paraîtra bientôt aux Etats-Unis.
Commentaires clients
"la mauvaise vie" de frédéric Mitterrand
C'est peu dire que Frédéric Mitterrand se met à nu. Il se livre avec une exigence de transparence totale. Un désir de vérité absolu.
A mon sens, ce livre est d'abord un livre sur la séparation.
Séparation des êtres, quand il évoque ses amours de jeunesse impossibles. Cette frustration du désir, douloureuse.
Séparation du monde, quand il se voit contraint à taire, si tôt, ce qu'il est : "le glissement vers la clandestinité, l'état d'alerte permanente, s'amorcent".
La séparation, dès lors, comme un mode de vie quand, pour assouvir ses désirs sans craindre les reproches ou les regrets, il multiplie les amours éphémères et tarifées dans les chambres interlopes de Bangkok ou Djakarta.
Il n'est probablement pas innocent, d'ailleurs, que le livre s'ouvre sur cette adoption de l'enfant marocain. Le voilà, à son tour, l'auteur d'un déracinement. Comme si, même pour construire son propre bonheur, il devait oeuvrer à la séparation d'autres êtres.
Pas innocent, non plus, que le livre se ferme sur les obsèques d'un ancien amant. Il était dit que ce livre serait celui de l'accomplissement impossible.
Mais la déchirure la plus vive, celle qui l'anime et le ronge en permanence, réside finalement en son for intérieur : c'est celle qui sépare ce qu'il est de ce qu'il voudrait être. Le drame de la femme qu'il aime mais qu'il sait ne pas pouvoir honorer. Cette vie qui l'oblige et dont il aimerait tant se détacher. La voilà, "la mauvaise vie".
Et puis, il y a le style. Une capacité à restituer la mélancolie et le regret, à inspecter le tréfonds des âmes avec élégance. Le malheur, aussi, peut se vivre avec grâce et honnêteté.
C'est un livre de confessions qui sort du lot. Pour beaucoup, l'écriture est une thérapie qui soigne le mal-être. Pour Mitterrand, c'est un style qui sublime le malheur.
Bien sombre mais aussi bien délicat.
Le livre se lit d'une traite, aucun temps mort, aucun trait d'humour (ou si peu) ne viennent aider le lecteur à adoucir un peu la lecture sombre de cette introspection sans pudeur. N'ayant pas le tempérament voyeur, je me suis senti plusieurs fois même géné à la lecture de ce récit à la première personne, qui semble autobiographique. Le style est très vif, très agréable à lire, FM évite d'écrire comme il parle, avec cet inimitable manière d'utiliser des mots rares et de faire des phrases à n'en plus finir à la télé. Non, là, on est dans le récit simple, à peine romancé j'en ai peur, des tribulations de l'auteur à la recherche de l'amour - évidemment - impossible: on explore les bouges de l'Asie du sud est ou de Paris avec un réalisme qui fait froid dans le dos. Et on referme se livre éffaré de l'intimité que FM a osé ouvrir, sans pudeur. Ne vous trompez pas, le manque de pudeur ne concerne pas ses orientations sexuelles et ses racines, mais son desespoir intérieur, la vanité d'un univers finalement glauque et compliqué et une certaine forme d'harmonie que l'auteur trouve dans sa 'mauvaise vie'.
lumière sur une noirceur intérieure
Ce livre est pour le moins dérangeant. Plus on avance, et plus on vit par procuration le désarroi de cet homme qui ne cesse de souffrir en se découvrant. Dès son plus jeune âge, la tristesse perce et elle ne s'éteindra jamais. Au terme de ce récit, il est possible de se demander si cette "mauvaise vie" n'est pas plutôt un "manque de vie". Frédéric Mitterrand ne cache rien de ses dépits et de ses souffrances mais le style est tel que l'on ne tombe pas dans le misérabilisme même si, à la fin, on n'envie en aucun cas l'auteur. Texte courageux d'un homme public dont la saga personnelle n'est pas toujours rose.





